Onufri dhe piktorë të tjerë mesjetarë shqiptarë:
Gespeichert in:
1. Verfasser: | |
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Format: | Buch |
Sprache: | Albanian |
Veröffentlicht: |
Prishtinë
Ars Albanica
2022
|
Ausgabe: | Botim i dytë i plotësuar |
Schlagworte: | |
Online-Zugang: | Inhaltsverzeichnis Abstract Literaturverzeichnis |
Beschreibung: | 127 Seiten 31 cm |
ISBN: | 9789951431156 |
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MARC
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Përmbajtja Parathënie Hommage Piktor Onufrit Piktorét mesjetarë shqiptarë Pelegrinazhi në Ágion Oros Resume Bibliografia 11 21 49 111 121 127
Résumé L’héritage pictural médiéval albanais est représenté par un grand nombre d’oeuvres qui sont soigneusement gardées aujourd’hui et qui méritent de l’étre dont plusieurs présentent des qualités artistiques si grandes et si durables qui dépassent les limites de l’intérêt national. Les nombreuses études qui ont été faites ces derniers temps pour affirmer et populariser ces oeuvres, soit par des institutions specials, soit par des professionnistes, tels que Theofan Popa, Dhorka Dhamo, Moikom Zeqo, Kamadan Sokoli, Skënder Anamalı, Stilian Adhatni, etc. témoignent de l’intérêt qu’on porte à ces oeuvres. A la «Première Conférence des Etudes albanologiques» qui a eu lieu à Tirana, Androidi Kostallari s’est exprimé ainsi dans sa communication: «Les travaux de recherche dans le domaine de l’histoire de l’art et de l’architecture devront être concentrés sur ces principaux problèmes: l’étude de la peinture avant et pendant l’occupation ottomane, en y comprenant l’ancienne peinture laïque». L’analyse particulière des oeuvres monumentales de la peinture permettra l’étude des divers styles et écoles afin de pouvoir mettre en lumière l’origine et les traits caractéristiques des arts dans notre pays, ainsi que le rôle joué par l’influence de divers courants dans leur évolution. La peinture religieuse sera étudiée aussi comme un témoignage historico-culturel. Le résultat de ce travail sera l’élaboration du corpus des inscriptions des églises d’Albanie, qui jettera de la lumière non seulement sur l’histoire et la culture de notre pays, mais aussi sur celles des autres peuples des
Balkans. Mais, dans cet ordre d’idées, devront être étudiées aussi les inscriptions en langue turque et arabe dans les mosquées, les tékhiés, et les cimetières musulmans de notre pays, ainsi que les codes des églises». Dans le domaine des arts figuratifs, les miniatures les plus anciennes qui sont conservées jusqu’à nos jours sont justement celles de la période médiévale qui datent du IX-e jusqu’au XIV-е siècle, en n’y incluant pas ici le code le plus ancien du Vl-e siècle, connu dans la littérature spéciale sous le nom de «Codex Beratinus purpureus», qui ne garde qu’une enluminure sous forme de coeur. Le nombre de ces codes s’élève aujourd’hui à plus de 63 volumes qui se distinguent par leur qualités en comparaison de ceux qui ont été créés durant la période de l’occupation ottomane. Toutefois, il ne faut pas oublier que la miniature des-manuscrits médiévaux a atteint sa plus haute évolution vers la fin du XI-е siècle, ou le commencement du siècle. Celles-ci sont des miniatures très luxueuses des deux codes de Vlora, où nous avons une symbiose des éléments du style byzantin fleuri avec des éléments de l’esthétique antique. Le haut niveau de ces miniatures en Albanie coïncide à cette époque avec le développement d’autres genres des arts figuratifs, par exemple avec la peinture monumentale de Rubik (XII-е siècle), de Notre-Dame de Cerkë, ainsi qu’avec les icônes les plus anciennes de Berar et de Korça. Durant le XIII-е siècle, les icônes et la peinture monumentale se trouvent sous l’influence de l’art au cours de la dynastie des Komnens et plus tard, de celle de l’époque des
Paléologues, alors que durant le XIV-е siècle les figures dans les icônes sont représentées par des traits d’une tendance plus réaliste, comme conséquence d’un courant progressiste qui s’appelait la «renaissance de l’art byzantin». Du XlV-e siècle, il nous est conservé l’iconostase avec des icônes complètes dans l’église NotreDame de Maligrad, ainsi qu’un nombre d’icônes de Berat et du district de Korça, lesquelles, en général; sont représentées de profil. Font exception celles de JeanBaptiste le Précurseur de l’église de Maligrade et de Saint Michel de l’église du village 121
Opar qui sont représentées peintes en pied. Quelques-unes de ces icônes peuvent être considérées parmi les plus belles dans toute la peinture byzantine de l’époque. Cette intense activité artistique du peuple albanais conjoitement au développement multiple dans d’autres domaines économiques et sociaux, fut interrompue d’une manière violente par l’occupation ottomane durant la moitié du XV-e siècle. Pendant la moitié du XVI-e siècle, la peinture albanaise renaît et atteint un éclatant niveau tant dans le domaine de l’iconographie que celui des fresques, qui s’exprime dans l’opus magistral d’Onurfre. «Ce n’est pas par hasard, dit Dhorka Dhamo, - que le rôle le plus important dans l’évolution ultérieure de notre peinture médiévale est joué par les peintures d’Apolonie. Dans les fresques des tables de repas plus qu’ailleurs, ont été cristallisés les traits caractéristiques du milieu de la peinture byzantine dans notre pays, tel, par exemple, l’intérêt pour donner sous des formes plus complètes et plus claires, à travers les fines nuances de couleurs, la figure humaine, son monde intérieur, pour la rendre plus intime, plus proche, en la complétant avec les observations de l’artiste sur le monde réel». Et puis Dhorka Dhamo conclut par ces termes: «Cette tradition a servi de point de départ et d’appui fructueux dans la créativité de nombreux peintres remarquables du XVI-e siècle avec, à leur tête, Onufre». Donc, le premier parmi les peintres albanais de cette période historique est Onufre de Elbasan. Onufre déploya son activité artistique surtout dans les nombreuses églises
d’Elbasan et de Berat. De meme, Onufre a peint aussi dans l’église des Saints Apôtres (Hagioi Apostoloi) à Kostur de Grèce. Dans les belles fres-ques de cette église, pour la première fois est identifiée l’origine du peintre où, à côté de la date 1547, on trouve l’inscription de la main même de l’auteur: «.Onufre, originaire de la célèbre ville de Berat.» On est d’avis qu’Onufre a commencé sa carrière artistique en tant que laïc et, peut-être, par la suite, il a visité aussi Athos. Sept ans après l’inscription de Kostur, Onufre nous offer, pour autant qu’on sache jusqu’à l’heure actuelle, une autre inscription qui est conservée dans l’église de Valsh et marque l’année 1554. Cette inscription qualifie Onufre de protopape de Néokastre, l’Elbasan actuel, un titre qui était conféré aux remarquables personnalités religieuses. Bien que ces notices authentiques sur Onufre soient peu nombreuses, elles sont cependant suffisantes et bien précieuses, car ce qui est le plus important pour le créateur c’est son oeuvre. Et l’oeuvre d’Onufre. est d’une grande production qui présente bien des quahtés, conservée et restaurée au plus haut point comme le mérite un artistu de sa grandeur. L’opus pictural des fresques d’Onufre se trouve dans la basilique d’un village simé dans la région reculée montagneuse de Shpat. Cette basilique, de l’extérieur, ressemble à une modeste maison de village, mais dans son intérieur, elle conserve des chefs-d’oeuvre de la peinture albanaise du XVI-e siècle. A Shpat. Onufre a peint aussi la fresque de la basilique de Shelcan. Aussi, Shpat d’Elbasan, est-il le
musée principal où sont conservées la plupart des peintures d’Onufre. Une autre partie de l’opus d’Onufre se trouve à l’intérieur de la forteresse historique de Berat. Certaines des icônes d’Onufre ont été exposées quelques années auparavant à la Pinacothèque des icônes à Korça. Les byzantologues soulignent le fait qu’à la suite de l’occupation des Balkans par les Osmanlis, l’art byzantin était en décadence. La conviction de Lazarev, selon laquelle aucune oeuvre artistique importante n’a été créée dans les régions de l’Orient chrétien après la chute de Constantinople, que la peinture existait dans un etat lamentable en servant dans les monastères de province et qui est tombée dans un niveau de simple artisanat, ainsi que les opinions d’autres byzantologues selon lesquelles les monuments de l’art subséquent byzantin des XV-e et XVI-e siècles sont qualifiées de supercielles, terns, triviales et hiérarchiques, du moins l’art d’Onufre, dans le meilleur sens du terme, les démentit, et. qui plus est l’art d’Onufre a élevé l’auteur sur un piédestal des plus mérités dans toute l’ampleur de l’art 122
byzantine, qui, d’une aureole, picturale, ont uniquement embelli ceux de gros calibre, tels Theofan Grek, Andrei Rublev et d’autres. Pourquoi Onufre, ce peintre albanais de génie du XVI-e siècle, est-il devenu un grand peintre qui a acquis le droit de cite dans l’historique de la peinture universelle? Nous sommes au milieu du XVI-e siècle, en un temps où, cent ans environ l’occupation ottomane, les autres centres des Balkans connus auparavant par l’épanouissement de la culture byzantine, n’étaient plus dans leur développement mais dans leur décadence. Précisément à cette époque apparaît à l’horizon albanais Onufre of Elbasan, lequel créa un art qui atteint son point culminant en manifestant de cette manière une fois de plus le génie de son peuple et son existence culturelle. De nombreuses composantes font d’Onufre un peintre de grand calibre, et même extraordinaire: son talent expressif, l’énergie créatrice et la richesse esthétique comme conséquence de l’intervalle temporal, en un temps où la longue tradition culturelle s’étiolait (La Byzance) et qu’une autre (La Renaissance) fleurissait, ainsi que les visées des choses devaient être considérées sous un angle ֊ un prisme spécifique artistique. C’est le temps donc, où la brise raffraîchssante humaniste de la Renaissance occidentale caressait la sensibilité créatrice d’Onufre contrecarrant le dogme suffocant oriental byzantin dont le millenium dinosaurien avait commencé à se fossiliser. En Italie Sandro Botticelli (1445-1510) avait créé les beaués surnommées «Le Printemps» et «La Naissance de Vénus». Leonard de Vinci
(1452-1519) avait fait le portrait de «Mona Lisa» avec son sourire énigmatique, alors que Michel-Ange Buonarorti (1475-1564) ciselait «L’esclave mourant». En Allemagne Albrecht Dürer en 1513 avait ciselé sur cuivre «Le Chevalier, la Mort et le Diable». Hans Holbein (1497-1543) avait peint la vision «Christ mort», alors qu’en Hollande Pieter Bruegel (1527-1569) squissait la composition «L’aveugle conduit l’aveugle». C’est le temps aussi où les Albanais faisaient de grands efforts pour la création de la littérature écrite. Juste au moment où Onufre portait à son terme en 1554 la peinture murale dans l’église de Valsh, le 20 mars de la même année commençait à écrire en albanais Don Gj on Buzuku, un religieux catholique, son ouvre capitale «Le Missel-, qui sera terminé et publié le 5 janvier 1555 et qui est, pour autant qu’on sache, le livre le plus ancien publié en albanais. Une source de fierté et d’inspiration certaine a dû être pour Onufre, ainsi que pour de nombreux peuples épris de liberté d’Europe, le chef-d’oeuvre littéraire historique du shkodran (Scutarin) Marin Barleti «Historia de vita et gestis Scanderbegi, Epirotarum principis» (Histoire de la vie et des gestes de Scanderbeg, le Prince des Epirotes), édité à Rome en 1508. Ce livre a été écrit par Barleti quarante ans après la mort de Scanderbeg et cinquantetrois ans après le premier livre (La Bible) édité dans le monde avec la composition des caractères mobiles, - la magnifique invention de l’Allemand Johanes Gutenberg (1400-1468). Quelle coïncidence de l’année de la mort de Scanderbeg avec celle de Gutenberg! Les
thèmes de la peinture des fresques et des icônes traités par Onufre faisaient partie des thèmes canoniques traditionnels de l’Eglise de l’Orient, mais avec des modifications métabyzantines et sous l’influence de la Renaissance. Il est tout à fait naturel qu’Onufre, en tant que protopape, devait bien connaître le code de la peinture de l’église orthodoxe qui donnait des renseignements justes sur quoi et avec quoi il fallait peindre. (Le manuscrit du manuel original Atosian de la peinture, nommé Ermanie, fut découvert par le savant français Didron, qui a été traduit en français en 1847 d’après la traduction grecque. Puis, ce manuel a été traduit en allemand, en anglais, en russe, serbo-croate, etc.) Onufre était un peintre de grande valeur, capable de réaliser avec succès ses visions picturales tant dans le domaine de la technique picturale murale que dans celui des 123
tableaux iconographiques. Le talent extraordinaire pictural du peintre Onufre se manifeste surtout dans les églises de Shën Kolli à Shelcan, Shën e Premte à Valsh et Shën Todhri à Berat. D’importantes innovations dans l’opus d’Onufre sont les motifs de ses inspirations pour les fresques et les icônes dont les thèmes étaient tirés du milieu où il vivait et des gens qu’il connaissait, en les habillant de vêtements d’hiérarchie cléricale: Romanoi Melodhoi de l’église de Shën Kolli à Shelcan, l’archidiacre Stefan et le diacre Lavrenti de l’église de Shën e Premte à Valsh. Le portrait du Prophète David et la figure du berger constituent un tournant vers un art marqué de notes réalistes. Les hommes d’études albanais ont émis diverses opinions sur ces deux sujets qui, à juste titre, éveillent une grande curiosité sous de nombreux aspects. Le portrait du prophète David, une peinture murale de l’église de Shën Kolli à Shelcan d’Elbasan, est un portrait remarquable au regard, perçant et avec une attention déterminée suggestive. Les proportions des traits du visage sont d’un dessin achevé qui dans la plasticité caractéristique des muscles et la transmission picturale (les touches subtiles du pinceau) atteignent le but de l’appel créatif: le portrait reflète d’une manière convaincante la générosité et la majesté du personage, du roi David. Ce portrait, qui éveille des associations par la force créatrice de l’oeuvre de Michel-Ange, représente un chef-d’oeuvre des portraits d’Onufre. Tenant compte de la grande gloire de Scanderbeg, qui était bien vivante et fraîche dans toute l’Europe de
cette époque-là et surtout du peuple albanais, on pense avec raison que la figure qui a inspiré le portrait du prophète David doit être la ressemblance de Gjergj Kastriote Scanderbeg (le premier portrait authentique, au cours de la visite de Scanderbeg, en Italie en 1466 a été exécuté par le remarquable peintre italien Gentile Bellini, l’auteur de la peinture célèbre «La Pro-cession Corpus Christi’ à Venise», 1496). La figure du berger, peinte par Onufre selon la technique de la fresque à l’église de Valsh, et l’icône «La naissance du Christ» à l’église de Berat, sont tirées du monde réel. Onufre peint les bergers avec leurs vêtements caractéristiques du pays en peau de mouton, chaussés de chaussettes ou de chaussons de bure remontant iusqu’aux mollets, appuyés sur la houlette. Ils tiennent à leur ceinture un potiron: ils ont des cheveux longs et la barbe longue, ils portent un chapeau caractéristique (blanc et rouge). Ce chapeau, une sorte de bonnet d’homme, haut et au large bord, était porté en Albanie par diverses couches sociales. Au XVI-e et XVII-e était bien connu et à la mode en Europe occidentale. Rabelais, dans son oeuvre ‘Gargantua et Pantagruel’ emploie le terme ‘chapeau albanois’. Onufre est le maître des scènes monumentales, soit quand il compose et crée symétriquement (l’icône «La défiguration du Christ»), ou non symétriquement (l’icône «L’entrée de Marie dans le Temple»), il réussit à donner non seulement une dynamique dramatique de mouvements, mais aussi un rythme gracieux de figures. Ces scènes sont embellies par un sentiment subtil pour une fantaisie
narrative illimitée, par un répertoire d’éléments allégoriques, par une affinité particulière d’évolution fantastique (l’icône «Le Baptême du Christ»). Ses visions picturales émerveillent et enchantent le spectateur par la force de l’oeuvre accomplie, par le phénomène de la satisfaction inassouvie. (De cette manière, ses icônes atteignent leur but principal: incitation pour un coup d’oeil intensif jusqu’à l’infini). Les compositions d’Ornufre sont toujours inspirées, jamais répétées, et même quand le même thème est repris deux fois, (l’icône de Saint Constantin et de Sainte Hélène, en Albanie, et la peinture murale qui porte le même titre et qui est à l’église Hagioi Apostoloi à Kostur de Grèce), car le véritable artiste agit selon le principe du rossignol qui, chaque fois qu’il chante, ne reprend jamais les mêmes notes, mais il chante toujours à ravir. Car Onufre peint toujours quand il est inspiré. Les divers segments et détails des scenes, les ‘éléments de la culture populaire, tels des mouchoirs, bonnets, ustensiles, aiguières, houlettes, haches, costumes populaires de l’époque (l’icône «L’entrée de Marie dans le Temple», 124
l’ensemble Les Vierges), et puis l’architecture du pays (l’icône «La Résurection de Lazar»), les versants escarpés des monts albanais (l’icône de «La Défiguration du Christo) etc. témoignent sa tendance évidente de conférer aux thèmes bibliques un coloris aux particularités authentiques. La caractéristique particulière et bien évidente est le flamboiement éruptif du pigment magique du rouge considérable, qui n’est, ni le vermillon, ni le rouge foncé byzantine, ni le vénitien, mais qui maintenant est qualifié d’onufrien. C’est un rouge recherché et produit par Onufre lui-même. C’est le noir et le bleu, le rouge doré et le rouge de la palette magique onufrienne qui crée une chaude harmonie de couleurs. Dans la composition de l’icône «La Résurrection du Christ», Onufre applique une solution intéressante de couleurs sans précédent: il applique dans un rapport harmonieux le détail par des figures monochromes (bleues) par rapport à la polychromie générale, qui tient une place particulière dans la composition comme un accent d’idées et de couleurs. Le dessin subtil, l’invention de composition, la sensibilité accentuée du coloris, la fantaisie délivrée et la puissante expression psychologique des personnages (en tant que réflexes de l’état d’âme chargé du caractère dramatique du siècle (voir la fresque de Saint Grégoire à Valsh) sont des composantes complexes dans l’oeuvre d’Onufre qui la rendent immortelle. L’oeuvre picturale d’Onufre contient une poétique épique visuelle entrelacée avec un nouveau réaflsme fantastique effectué de main de maître, qui est un délice pour les yeux.
Berat, un des centres illustres artistiques d’Albanie, pendant la riche activité d’Onufre, était devenu un important atelier de peintres, une école dont l’influence se propageait non seulement en Albanie centrale, mais aussi méridionale. Cette influence portait bien sûr le sceau d’Onufre, de sa puissante personnalité créatrice, qui se fait directement sentir chez tous les peintres du siècle. L’un des plus remarquables disciples d’Onufre était son fils Nikolla, qui était le deuxième peintre le plus renommé pendant le XVI-e siècle. 125
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Përmbajtja Parathënie Hommage Piktor Onufrit Piktorét mesjetarë shqiptarë Pelegrinazhi në Ágion Oros Resume Bibliografia 11 21 49 111 121 127
Résumé L’héritage pictural médiéval albanais est représenté par un grand nombre d’oeuvres qui sont soigneusement gardées aujourd’hui et qui méritent de l’étre dont plusieurs présentent des qualités artistiques si grandes et si durables qui dépassent les limites de l’intérêt national. Les nombreuses études qui ont été faites ces derniers temps pour affirmer et populariser ces oeuvres, soit par des institutions specials, soit par des professionnistes, tels que Theofan Popa, Dhorka Dhamo, Moikom Zeqo, Kamadan Sokoli, Skënder Anamalı, Stilian Adhatni, etc. témoignent de l’intérêt qu’on porte à ces oeuvres. A la «Première Conférence des Etudes albanologiques» qui a eu lieu à Tirana, Androidi Kostallari s’est exprimé ainsi dans sa communication: «Les travaux de recherche dans le domaine de l’histoire de l’art et de l’architecture devront être concentrés sur ces principaux problèmes: l’étude de la peinture avant et pendant l’occupation ottomane, en y comprenant l’ancienne peinture laïque». L’analyse particulière des oeuvres monumentales de la peinture permettra l’étude des divers styles et écoles afin de pouvoir mettre en lumière l’origine et les traits caractéristiques des arts dans notre pays, ainsi que le rôle joué par l’influence de divers courants dans leur évolution. La peinture religieuse sera étudiée aussi comme un témoignage historico-culturel. Le résultat de ce travail sera l’élaboration du corpus des inscriptions des églises d’Albanie, qui jettera de la lumière non seulement sur l’histoire et la culture de notre pays, mais aussi sur celles des autres peuples des
Balkans. Mais, dans cet ordre d’idées, devront être étudiées aussi les inscriptions en langue turque et arabe dans les mosquées, les tékhiés, et les cimetières musulmans de notre pays, ainsi que les codes des églises». Dans le domaine des arts figuratifs, les miniatures les plus anciennes qui sont conservées jusqu’à nos jours sont justement celles de la période médiévale qui datent du IX-e jusqu’au XIV-е siècle, en n’y incluant pas ici le code le plus ancien du Vl-e siècle, connu dans la littérature spéciale sous le nom de «Codex Beratinus purpureus», qui ne garde qu’une enluminure sous forme de coeur. Le nombre de ces codes s’élève aujourd’hui à plus de 63 volumes qui se distinguent par leur qualités en comparaison de ceux qui ont été créés durant la période de l’occupation ottomane. Toutefois, il ne faut pas oublier que la miniature des-manuscrits médiévaux a atteint sa plus haute évolution vers la fin du XI-е siècle, ou le commencement du siècle. Celles-ci sont des miniatures très luxueuses des deux codes de Vlora, où nous avons une symbiose des éléments du style byzantin fleuri avec des éléments de l’esthétique antique. Le haut niveau de ces miniatures en Albanie coïncide à cette époque avec le développement d’autres genres des arts figuratifs, par exemple avec la peinture monumentale de Rubik (XII-е siècle), de Notre-Dame de Cerkë, ainsi qu’avec les icônes les plus anciennes de Berar et de Korça. Durant le XIII-е siècle, les icônes et la peinture monumentale se trouvent sous l’influence de l’art au cours de la dynastie des Komnens et plus tard, de celle de l’époque des
Paléologues, alors que durant le XIV-е siècle les figures dans les icônes sont représentées par des traits d’une tendance plus réaliste, comme conséquence d’un courant progressiste qui s’appelait la «renaissance de l’art byzantin». Du XlV-e siècle, il nous est conservé l’iconostase avec des icônes complètes dans l’église NotreDame de Maligrad, ainsi qu’un nombre d’icônes de Berat et du district de Korça, lesquelles, en général; sont représentées de profil. Font exception celles de JeanBaptiste le Précurseur de l’église de Maligrade et de Saint Michel de l’église du village 121
Opar qui sont représentées peintes en pied. Quelques-unes de ces icônes peuvent être considérées parmi les plus belles dans toute la peinture byzantine de l’époque. Cette intense activité artistique du peuple albanais conjoitement au développement multiple dans d’autres domaines économiques et sociaux, fut interrompue d’une manière violente par l’occupation ottomane durant la moitié du XV-e siècle. Pendant la moitié du XVI-e siècle, la peinture albanaise renaît et atteint un éclatant niveau tant dans le domaine de l’iconographie que celui des fresques, qui s’exprime dans l’opus magistral d’Onurfre. «Ce n’est pas par hasard, dit Dhorka Dhamo, - que le rôle le plus important dans l’évolution ultérieure de notre peinture médiévale est joué par les peintures d’Apolonie. Dans les fresques des tables de repas plus qu’ailleurs, ont été cristallisés les traits caractéristiques du milieu de la peinture byzantine dans notre pays, tel, par exemple, l’intérêt pour donner sous des formes plus complètes et plus claires, à travers les fines nuances de couleurs, la figure humaine, son monde intérieur, pour la rendre plus intime, plus proche, en la complétant avec les observations de l’artiste sur le monde réel». Et puis Dhorka Dhamo conclut par ces termes: «Cette tradition a servi de point de départ et d’appui fructueux dans la créativité de nombreux peintres remarquables du XVI-e siècle avec, à leur tête, Onufre». Donc, le premier parmi les peintres albanais de cette période historique est Onufre de Elbasan. Onufre déploya son activité artistique surtout dans les nombreuses églises
d’Elbasan et de Berat. De meme, Onufre a peint aussi dans l’église des Saints Apôtres (Hagioi Apostoloi) à Kostur de Grèce. Dans les belles fres-ques de cette église, pour la première fois est identifiée l’origine du peintre où, à côté de la date 1547, on trouve l’inscription de la main même de l’auteur: «.Onufre, originaire de la célèbre ville de Berat.» On est d’avis qu’Onufre a commencé sa carrière artistique en tant que laïc et, peut-être, par la suite, il a visité aussi Athos. Sept ans après l’inscription de Kostur, Onufre nous offer, pour autant qu’on sache jusqu’à l’heure actuelle, une autre inscription qui est conservée dans l’église de Valsh et marque l’année 1554. Cette inscription qualifie Onufre de protopape de Néokastre, l’Elbasan actuel, un titre qui était conféré aux remarquables personnalités religieuses. Bien que ces notices authentiques sur Onufre soient peu nombreuses, elles sont cependant suffisantes et bien précieuses, car ce qui est le plus important pour le créateur c’est son oeuvre. Et l’oeuvre d’Onufre. est d’une grande production qui présente bien des quahtés, conservée et restaurée au plus haut point comme le mérite un artistu de sa grandeur. L’opus pictural des fresques d’Onufre se trouve dans la basilique d’un village simé dans la région reculée montagneuse de Shpat. Cette basilique, de l’extérieur, ressemble à une modeste maison de village, mais dans son intérieur, elle conserve des chefs-d’oeuvre de la peinture albanaise du XVI-e siècle. A Shpat. Onufre a peint aussi la fresque de la basilique de Shelcan. Aussi, Shpat d’Elbasan, est-il le
musée principal où sont conservées la plupart des peintures d’Onufre. Une autre partie de l’opus d’Onufre se trouve à l’intérieur de la forteresse historique de Berat. Certaines des icônes d’Onufre ont été exposées quelques années auparavant à la Pinacothèque des icônes à Korça. Les byzantologues soulignent le fait qu’à la suite de l’occupation des Balkans par les Osmanlis, l’art byzantin était en décadence. La conviction de Lazarev, selon laquelle aucune oeuvre artistique importante n’a été créée dans les régions de l’Orient chrétien après la chute de Constantinople, que la peinture existait dans un etat lamentable en servant dans les monastères de province et qui est tombée dans un niveau de simple artisanat, ainsi que les opinions d’autres byzantologues selon lesquelles les monuments de l’art subséquent byzantin des XV-e et XVI-e siècles sont qualifiées de supercielles, terns, triviales et hiérarchiques, du moins l’art d’Onufre, dans le meilleur sens du terme, les démentit, et. qui plus est l’art d’Onufre a élevé l’auteur sur un piédestal des plus mérités dans toute l’ampleur de l’art 122
byzantine, qui, d’une aureole, picturale, ont uniquement embelli ceux de gros calibre, tels Theofan Grek, Andrei Rublev et d’autres. Pourquoi Onufre, ce peintre albanais de génie du XVI-e siècle, est-il devenu un grand peintre qui a acquis le droit de cite dans l’historique de la peinture universelle? Nous sommes au milieu du XVI-e siècle, en un temps où, cent ans environ l’occupation ottomane, les autres centres des Balkans connus auparavant par l’épanouissement de la culture byzantine, n’étaient plus dans leur développement mais dans leur décadence. Précisément à cette époque apparaît à l’horizon albanais Onufre of Elbasan, lequel créa un art qui atteint son point culminant en manifestant de cette manière une fois de plus le génie de son peuple et son existence culturelle. De nombreuses composantes font d’Onufre un peintre de grand calibre, et même extraordinaire: son talent expressif, l’énergie créatrice et la richesse esthétique comme conséquence de l’intervalle temporal, en un temps où la longue tradition culturelle s’étiolait (La Byzance) et qu’une autre (La Renaissance) fleurissait, ainsi que les visées des choses devaient être considérées sous un angle ֊ un prisme spécifique artistique. C’est le temps donc, où la brise raffraîchssante humaniste de la Renaissance occidentale caressait la sensibilité créatrice d’Onufre contrecarrant le dogme suffocant oriental byzantin dont le millenium dinosaurien avait commencé à se fossiliser. En Italie Sandro Botticelli (1445-1510) avait créé les beaués surnommées «Le Printemps» et «La Naissance de Vénus». Leonard de Vinci
(1452-1519) avait fait le portrait de «Mona Lisa» avec son sourire énigmatique, alors que Michel-Ange Buonarorti (1475-1564) ciselait «L’esclave mourant». En Allemagne Albrecht Dürer en 1513 avait ciselé sur cuivre «Le Chevalier, la Mort et le Diable». Hans Holbein (1497-1543) avait peint la vision «Christ mort», alors qu’en Hollande Pieter Bruegel (1527-1569) squissait la composition «L’aveugle conduit l’aveugle». C’est le temps aussi où les Albanais faisaient de grands efforts pour la création de la littérature écrite. Juste au moment où Onufre portait à son terme en 1554 la peinture murale dans l’église de Valsh, le 20 mars de la même année commençait à écrire en albanais Don Gj on Buzuku, un religieux catholique, son ouvre capitale «Le Missel-, qui sera terminé et publié le 5 janvier 1555 et qui est, pour autant qu’on sache, le livre le plus ancien publié en albanais. Une source de fierté et d’inspiration certaine a dû être pour Onufre, ainsi que pour de nombreux peuples épris de liberté d’Europe, le chef-d’oeuvre littéraire historique du shkodran (Scutarin) Marin Barleti «Historia de vita et gestis Scanderbegi, Epirotarum principis» (Histoire de la vie et des gestes de Scanderbeg, le Prince des Epirotes), édité à Rome en 1508. Ce livre a été écrit par Barleti quarante ans après la mort de Scanderbeg et cinquantetrois ans après le premier livre (La Bible) édité dans le monde avec la composition des caractères mobiles, - la magnifique invention de l’Allemand Johanes Gutenberg (1400-1468). Quelle coïncidence de l’année de la mort de Scanderbeg avec celle de Gutenberg! Les
thèmes de la peinture des fresques et des icônes traités par Onufre faisaient partie des thèmes canoniques traditionnels de l’Eglise de l’Orient, mais avec des modifications métabyzantines et sous l’influence de la Renaissance. Il est tout à fait naturel qu’Onufre, en tant que protopape, devait bien connaître le code de la peinture de l’église orthodoxe qui donnait des renseignements justes sur quoi et avec quoi il fallait peindre. (Le manuscrit du manuel original Atosian de la peinture, nommé Ermanie, fut découvert par le savant français Didron, qui a été traduit en français en 1847 d’après la traduction grecque. Puis, ce manuel a été traduit en allemand, en anglais, en russe, serbo-croate, etc.) Onufre était un peintre de grande valeur, capable de réaliser avec succès ses visions picturales tant dans le domaine de la technique picturale murale que dans celui des 123
tableaux iconographiques. Le talent extraordinaire pictural du peintre Onufre se manifeste surtout dans les églises de Shën Kolli à Shelcan, Shën e Premte à Valsh et Shën Todhri à Berat. D’importantes innovations dans l’opus d’Onufre sont les motifs de ses inspirations pour les fresques et les icônes dont les thèmes étaient tirés du milieu où il vivait et des gens qu’il connaissait, en les habillant de vêtements d’hiérarchie cléricale: Romanoi Melodhoi de l’église de Shën Kolli à Shelcan, l’archidiacre Stefan et le diacre Lavrenti de l’église de Shën e Premte à Valsh. Le portrait du Prophète David et la figure du berger constituent un tournant vers un art marqué de notes réalistes. Les hommes d’études albanais ont émis diverses opinions sur ces deux sujets qui, à juste titre, éveillent une grande curiosité sous de nombreux aspects. Le portrait du prophète David, une peinture murale de l’église de Shën Kolli à Shelcan d’Elbasan, est un portrait remarquable au regard, perçant et avec une attention déterminée suggestive. Les proportions des traits du visage sont d’un dessin achevé qui dans la plasticité caractéristique des muscles et la transmission picturale (les touches subtiles du pinceau) atteignent le but de l’appel créatif: le portrait reflète d’une manière convaincante la générosité et la majesté du personage, du roi David. Ce portrait, qui éveille des associations par la force créatrice de l’oeuvre de Michel-Ange, représente un chef-d’oeuvre des portraits d’Onufre. Tenant compte de la grande gloire de Scanderbeg, qui était bien vivante et fraîche dans toute l’Europe de
cette époque-là et surtout du peuple albanais, on pense avec raison que la figure qui a inspiré le portrait du prophète David doit être la ressemblance de Gjergj Kastriote Scanderbeg (le premier portrait authentique, au cours de la visite de Scanderbeg, en Italie en 1466 a été exécuté par le remarquable peintre italien Gentile Bellini, l’auteur de la peinture célèbre «La Pro-cession Corpus Christi’ à Venise», 1496). La figure du berger, peinte par Onufre selon la technique de la fresque à l’église de Valsh, et l’icône «La naissance du Christ» à l’église de Berat, sont tirées du monde réel. Onufre peint les bergers avec leurs vêtements caractéristiques du pays en peau de mouton, chaussés de chaussettes ou de chaussons de bure remontant iusqu’aux mollets, appuyés sur la houlette. Ils tiennent à leur ceinture un potiron: ils ont des cheveux longs et la barbe longue, ils portent un chapeau caractéristique (blanc et rouge). Ce chapeau, une sorte de bonnet d’homme, haut et au large bord, était porté en Albanie par diverses couches sociales. Au XVI-e et XVII-e était bien connu et à la mode en Europe occidentale. Rabelais, dans son oeuvre ‘Gargantua et Pantagruel’ emploie le terme ‘chapeau albanois’. Onufre est le maître des scènes monumentales, soit quand il compose et crée symétriquement (l’icône «La défiguration du Christ»), ou non symétriquement (l’icône «L’entrée de Marie dans le Temple»), il réussit à donner non seulement une dynamique dramatique de mouvements, mais aussi un rythme gracieux de figures. Ces scènes sont embellies par un sentiment subtil pour une fantaisie
narrative illimitée, par un répertoire d’éléments allégoriques, par une affinité particulière d’évolution fantastique (l’icône «Le Baptême du Christ»). Ses visions picturales émerveillent et enchantent le spectateur par la force de l’oeuvre accomplie, par le phénomène de la satisfaction inassouvie. (De cette manière, ses icônes atteignent leur but principal: incitation pour un coup d’oeil intensif jusqu’à l’infini). Les compositions d’Ornufre sont toujours inspirées, jamais répétées, et même quand le même thème est repris deux fois, (l’icône de Saint Constantin et de Sainte Hélène, en Albanie, et la peinture murale qui porte le même titre et qui est à l’église Hagioi Apostoloi à Kostur de Grèce), car le véritable artiste agit selon le principe du rossignol qui, chaque fois qu’il chante, ne reprend jamais les mêmes notes, mais il chante toujours à ravir. Car Onufre peint toujours quand il est inspiré. Les divers segments et détails des scenes, les ‘éléments de la culture populaire, tels des mouchoirs, bonnets, ustensiles, aiguières, houlettes, haches, costumes populaires de l’époque (l’icône «L’entrée de Marie dans le Temple», 124
l’ensemble Les Vierges), et puis l’architecture du pays (l’icône «La Résurection de Lazar»), les versants escarpés des monts albanais (l’icône de «La Défiguration du Christo) etc. témoignent sa tendance évidente de conférer aux thèmes bibliques un coloris aux particularités authentiques. La caractéristique particulière et bien évidente est le flamboiement éruptif du pigment magique du rouge considérable, qui n’est, ni le vermillon, ni le rouge foncé byzantine, ni le vénitien, mais qui maintenant est qualifié d’onufrien. C’est un rouge recherché et produit par Onufre lui-même. C’est le noir et le bleu, le rouge doré et le rouge de la palette magique onufrienne qui crée une chaude harmonie de couleurs. Dans la composition de l’icône «La Résurrection du Christ», Onufre applique une solution intéressante de couleurs sans précédent: il applique dans un rapport harmonieux le détail par des figures monochromes (bleues) par rapport à la polychromie générale, qui tient une place particulière dans la composition comme un accent d’idées et de couleurs. Le dessin subtil, l’invention de composition, la sensibilité accentuée du coloris, la fantaisie délivrée et la puissante expression psychologique des personnages (en tant que réflexes de l’état d’âme chargé du caractère dramatique du siècle (voir la fresque de Saint Grégoire à Valsh) sont des composantes complexes dans l’oeuvre d’Onufre qui la rendent immortelle. L’oeuvre picturale d’Onufre contient une poétique épique visuelle entrelacée avec un nouveau réaflsme fantastique effectué de main de maître, qui est un délice pour les yeux.
Berat, un des centres illustres artistiques d’Albanie, pendant la riche activité d’Onufre, était devenu un important atelier de peintres, une école dont l’influence se propageait non seulement en Albanie centrale, mais aussi méridionale. Cette influence portait bien sûr le sceau d’Onufre, de sa puissante personnalité créatrice, qui se fait directement sentir chez tous les peintres du siècle. L’un des plus remarquables disciples d’Onufre était son fils Nikolla, qui était le deuxième peintre le plus renommé pendant le XVI-e siècle. 125
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